La Dordogne éveille les tout-petits

Dans les crèches et relais d’assistantes maternelles, l’Ufolep Dordogne propose de l’éveil corporel pour les enfants de moins de 3 ans. Retrouvez l'ensemble de l'article paru dans En-jeu.

 

Une opportunité de développement ?


Mathieu Pommier, vous êtes délégué Ufolep de la Dordogne. Depuis quand le comité propose-t-il des séances d’activité physique pour les enfants de 18 mois à 3 ans ?
Depuis cinq ans, en réponse à la demande d’une communauté de communes rurales pour une crèche et un relai d’assistantes maternelles (Ram), ce dispositif qui permet aux nounous de se retrouver avec les enfants dont elles ont la garde. Nous nous sommes appuyés sur l’expérience de l’Ufolep Creuse, qui proposait déjà ce type de prestation.
Au départ, cela s’est fait par connaissance, sur une dizaine de séances par an. Puis, toujours par bouche à oreille, nous avons proposé quelques séances gratuites à Périgueux. Cela a débouché sur la signature, en octobre dernier, d’une convention avec la communauté de communes du Grand Périgueux, qui réunit 52 crèches et Ram. Mais nous n’intervenons pas dans toutes ! Nous avons encadré 20 séances en 2018-2019, toutes en crèche. Plus 20 autres, moitié en crèche et moitié en Ram, sur la communauté de communes Isle, Vern et Salembre.


Comment se déroulent les séances ?
L’éducateur aménage avec notre matériel un espace de pratique où l’enfant est amené à sauter, marcher, ramper, glisser, mais aussi à parler. L’objectif, c’est son développement psychomoteur et la découverte de son corps.
L’éducateur accueille successivement deux groupes de 8 enfants maximum, sur une durée de 45 minutes : soit une séance de 2 heures, avec l’installation et le démontage. Le personnel des crèches ou les assistantes maternelles participent en co-animation et les séances sont facturées 70 €, au même tarif horaire que pour nos associations.

 

Qui est l’éducateur Ufolep ?
C’est notre agent de développement, qui intervient également pour les écoles multisports et est formé à ce public. Lorsque le groupe d’enfants est important, il est épaulé par une animatrice en contrat de professionnalisation, qui peut également le suppléer en cas d’absence. Moi-même, qui suis titulaire d’une licence Staps éducation et motricité et connais le public des maternelles, je peux dépanner.
Des bénévoles du comité, personnes retraitées qui travaillaient dans le domaine de la petite enfance, interviennent également en soutien de nos professionnels.


Vous proposez aussi des formations ?
Notre but n’est pas de monter un service petite enfance mais que les professionnels des structures auprès desquelles nous intervenons s’approprient ces pratiques d’éveil corporel, et puissent les développer sans faire appel à nous à chaque fois. En prolongement de cette démarche, nous avons conçu un programme de formation des professionnels de la petite enfance qui porte sur la conception et l’animation de séances d’éveil moteur. Cette formation d’une journée est facturée 800 €, pour un groupe de dix personnes. Les deux premières seront dispensées cette année auprès du personnel de nos deux partenaires. Pour les développer auprès d’autres collectivités territoriales, nous souhaitons intégrer le catalogue de formation du Centre national de la  fonction territoriale publique. En Dordogne, les crèches privées sont très rares, la plupart sont publiques.

 

Quel est l’enjeu financier pour le comité ?
Le but n’est pas de faire des séances une source de financement et de constituer une équipe d’animateurs petite enfance. À ce titre, l’enjeu réside davantage dans le lien avec des partenaires qui, par ailleurs, nous apportent par exemple leur soutien pour l’achat de matériel. En revanche, si nous parvenons à développer les formations, cela peut constituer une source de revenus non négligeable
pour le comité.

Ces séances peuvent-elles également déboucher sur une pratique associative ?
Pour le moment, pas directement. Mais elles favorisent la continuité dans les pratiques. Nos écoles de sport ne débutent qu’à l’âge de 6 ans, mais ces séances auprès des tout-petits sont une façon de se faire connaître des parents et de les sensibiliser à l’importance de l’activité physique dans le développement de leur enfant. Nos formations aux premiers secours (PSC1) peuvent également intéresser des parents, au-delà du partenariat noué en ce domaine avec la mission locale du Grand Périgueux, laquelle s’est affiliée. ● Recueilli par Ph.B.

Formation fédérale

Un brevet fédéral vient d’être créé pour les animateurs de la petite enfance qui encadrent des séances d’éveil moteur dans leur structure. Cette formation diplômante sera déployée dans les territoires fin
2019. (mmauduit.laligue@ ufolep-usep.fr)

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